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économie générale

Bilan de l'économie française

 

auteur : Lionel Le Petit

§1 L'évolution du commerce international

Entre 1970 et 1999, en près de 30 ans, le commerce international, si on le mesure par l'évolu­tion des exportations mondiales de marchandises, a connu une croissance quasi exponentielle. Il a été multiplié par près de 20.

 

Evolution de la répartition géographique du commerce international

a – Evolution surune longue période, 1970-1999 (en prenant comme critère les exportations mondiales) : les pays industrialisés restent dominants et réalisent un peu plus des deux tiers des exporta­tions mondiales en 1999, contre 74,2 % en 1970 avec, au cours des décennies, des variations relativement amples dans les deux sens. A l'intérieur de ce groupe, sur la période considérée, l'Europe reste dominante. Elle réalise plus de 40 % des exportations mondiales. Sur la même période, le Japon progresse sensiblement alors que l'Amérique du Nord décroît sensiblement entre 1970 et 1999.

Les pays en développement connaissent, à l'inverse des pays développés, une augmentation de leur part. Ce résultat est dû, pour l'essentiel, aux pays d'Asie (il faut noter l'arrivée dans ce groupe des ex-pays socialistes de l'Europe de l'Est).

 

b – Evolution sur une période moyenne, 1990-1998 (en prenant comme critère la croissance en volume du commerce international de marchandises) : on constate que les exportations et les importations ont particulièrement progressé en Amérique du Nord (ce qui s'explique par la croissance particulièrement forte que cette zone a connu au cours des années 90).

l'Europe a connu une progression moindre que la moyenne mondiale. Cette période a été mar­quée par une croissance économique modérée.

L'Asie, avec les sept pays asiatiques que sont Taïwan, Hong Kong, la Chine, la Malaisie, la Corée du Sud, Singapour et la Thaïlande, s'est caractérisée par une croissance particulièrement dyna­mique des exportations, à l'exception notable du Japon, qui a connu un ralentissement écono­mique qui se prolonge.

 

§2 L'interdépendance des économies

L'évolution comparée des échanges de marchandises et du produit intérieur brut mondial montre le dynamisme du commerce mondial. En effet, ce dernier progresse beaucoup plus rapi­dement que le produit intérieur brut mondial. Ces évolutions contrastées se sont encore accen­tuées ces dernières années, les économies connaissent globalement une ouverture internationale croissante.

L'ouverture internationale des économies a comme conséquence la montée des interdépen­dances. les pays deviennent de plus en plus dépendants les uns des autres. Une part croissante du PIB est exportée. la demande intérieure est de plus en plus satisfaite par des importations.

 

§3 Les caractéristiques structurelles du commerce international

Pendant longtemps, la vision de la division internationale du travail a été :

  • échanges de produits manufacturés des pays du Nord contre des produits primaires des pays du Sud;
  • échanges interbranches selon le modèle ricardien (un produit x contre un produit y).

Or, aujourd'hui, le commerce international des produits manufacturés est un commerce intra­branche, c'est-à-dire des échanges de produits similaires ou entrant dans la composition d'un même bien.

Les échanges compensés sont apparus dans les échanges entre pays occidentaux et pays socia­listes. Il s'agit de troc, c'est-à-dire d'échanges non monétaires, marchandises contre marchan­dises. Ce type d'échanges s'est développé et représente actuellement environ 12 à 15 % du commerce mondial. Il s'observe dans les flux Nord-Sud.

En quarante ans, 1948-1987, la part des PVD dans le commerce mondial (exportations + importations) est passée de 37 % à 19,8 %. Cette régression s'explique par :

  • La chute de la part des produits primaires dans le commerce mondial.
  • La détérioration des termes de l'échange des produits primaires.
  • La faiblesse de la croissance économique de l'Afrique subsaharienne et de l'Amérique latine.
  • La marginalisation de certains PVD, Afrique, Amérique latine et Moyen-Orient.

 

§4 La composition par produits des échanges

Les marchandises représentaient, en 1999, 80 % des exportations totales contre 20 % pour les services. Au cours de la décennie 1990-1999, la croissance des services (+ 6 %) a été un peu plus rapide que celle des marchandises.

A l'intérieur des marchandises, on constate la croissance supérieure à la moyenne des pro­duits manufacturés, et tout particulièrement de l'équipement de bureau et télécommunications (+ 11 %), suivi des matériels et équipement de transport (+ 7 %) et des produits chimiques (+ 7 %).

La croissance des services commerciaux s'explique pour beaucoup par le poste « Autres ser­vices commerciaux », qui regroupe entre autres les services bancaires et d'assurance, les activi­tés de conseil, les grands travaux, les services liés à la propriété intellectuelle (cessions de marques, de brevets...).

 

§5 Le solde du compte des transactions courantes

Aujourd'hui, les échanges internationaux ne sont plus seulement constitués de marchandises, de biens matériels. En effet, la part des services ne cesse de progresser, les échanges de services augmentent plus rapidement que ceux des marchandises. Le solde de la balance des transactions courantes où sont enregistrés les marchandises et les services est donc plus significatif que le solde commercial, qui n'enregistre que les marchandises.

Entre 1997 et 1999, la France présente un solde du compte des transactions courantes positif. Ce solde est, sur les trois années considérées, relativement stable. On observe une baisse entre 1998 et 1999, qui s'explique par la baisse des échanges de biens, essentiellement les marchan­dises générales qui en constituent le poste principal. A l'inverse, les services se sont, entre 1998 et 1999, très sensiblement accrus.

La reprise de l'activité en France en 1999 a entraîné, dans un premier temps, un surcroît d'im­portations, d'où un solde positif moindre.

 


En 2005 , les exportations de biens et de services progressent à peu près au même rythme qu’en 2004, en moyenne annuelle et en valeur. Les exportateurs français ont notamment pâti de l’atonie de la demande de ses principaux partenaires européens. Ainsi, le volume des ventes de produits manufacturés ralentit nettement et il recule même dans l’automobile. Les importations en valeur subissent le contrecoup de l’envolée des cours du pétrole. Mais en volume aussi, les achats augmentent rapidement : la demande intérieure tend notamment à s’orienter davantage vers des produits importés dont les prix sont très compétitifs. La balance commerciale devient déficitaire, ainsi que le solde des seuls échanges de produits manufacturés. La facture énergétique atteint 37,4 milliards. L’excédent touristique et le solde des opérations de répartition continuent à se dégrader. Le besoin de financement de la France, apparu en 2003, se creuse et atteint ainsi 35 milliards.

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