Section I L'évolution des échanges internationaux.
§ 1 L'accroissement des transactions et la modification de leur répartition géographique.
1°) L'essor des transactions internationales
Depuis les années 80, on observe un décalage croissant entre le rythme de la production mondiale et celui des échanges internationaux.
Le taux de croissance des échanges mondiaux est très largement supérieur à celui de la production mondiale. Ce phénomène s'explique pour trois raisons :
- la libéralisation des échanges (Il y a de moins en moins d'entrave au commerce international)
- le progrès dans le transport et la telecommunication.
- la stratégie de mondialisation des entreprises
2°) L'évolution de la répartition géographique des échanges
Le commerce mondial se polarise aujourd'hui autour de 3 grandes zones (La Triade) :
- l'Europe (Union Économique)
- l'Amérique du Nord (ALENA)
- l'Asie (APEC)
§2 La structure par produit des échanges internationaux.
1°) Le commerce des marchandises.
La part des échanges de produits manufacturés atteint aujourd'hui 75% du commerce international de marchandises. Celui-ci est caractérisé par l'importance :
- des échanges de matériel de transport (automobile)
- des équipements électroniques et informatiques.
2°) Les échanges de services
Les échanges de services sont inférieurs à la production de services car beaucoup d'entre eux sont non-marchands. Les échanges internationaux de services commerciaux concernent :
- les services de transport
- les voyages, surtout touristiques
- les autres services marchands (communication, logiciel, services divers aux entreprises. . )
Ces échanges représentent environ 25 % du total des échanges mondiaux. Ce taux faible s'explique en partie par :
- l'impossibilité d'exporter certains services de proximité (médecin, éducation …)
- l'impossibilité d'exporter certains services à cause de réglementations différentes d'un pays à l'autre (ex: la législation fiscale sur les produits d'assurance vie).
Mais actuellement, le commerce de services progresse plus vite que le commerce de marchandises notamment grâce au tourisme, service bancaire international, transport et assurance…
Section Il Les acteurs du commerce international.
Il existe 2 principaux acteurs : les états nations et les firmes internationales.
§1 Les États-nations.
A - Pourquoi les gouvernements sont-ils les commerciaux des firmes ?
Chaque nation a pour but d'assurer le plein emploi et un taux de croissance le plus élevé possible. Pour ce faire, il existe une concurrence entre nations. Cependant toutes les nations ne sont pas égalitaires devant le commerce. Le coefficient de dépendance permet de mesurer le degré de relation commerciale d'un pays.
importation + exportation
coefficient de dépendance = ------------------------------
PIB
Pour être plus réaliste, on devrait raisonner sur la nature et la composition des échanges.
Ex : le Koweït est très dépendant car il n'exporte que son pétrole. Si le prix du pétrole baisse, son économie s'affaisse.
B - Les pays sont-ils tous égaux face aux relations internationales ?
Dans les relations internationales, certains pays sont plus avantagés que d'autres. On peut prendre pour exemple deux inégalités : les inégalités de taille et les inégalités de place dans la DIT
1°) Les inégalités de taille.
La domination politique de certaines nations par rapport à d'autres provoque des échanges inégaux. De même certains pays ont des quasi monopoles dû à des économies d'échelle ou à la constitution de cartel. Ils peuvent ainsi fixer des prix supérieur aux prix de la concurrence (ex: pays de l'OPEP)
2°) Les inégalités de place dans la division internationale du travail.
La place de chaque pays dans la division internationale du travail ne présente pas les même avantages. Ainsi certains pays ont une demande en forte expansion alors que d'autres ont une demande récessive.
§2 Les firmes multinationales
1°) Définition
Un firme multinationale est une entreprise ou un groupe d'entreprise qui, à partir d'une base nationale, implante plusieurs filiales dans différents pays. Les investissements directs de ces firmes ont considérablement évolués du fait de leurs orientation géographique et de leur nature.
2°) Pourquoi les firmes se multinationalisent-elles ?
Pour conquérir de nouveaux marchés en s'adaptant au marché étranger ou en contournant les barrières à l'entrée.
Pour relancer le cycle de vie du produit.
Pour réduire les coûts de production : les firmes décomposent le processus de production en faisant réaliser chaque opérations élémentaires dans le pays où elles sont le moins coûteuse. (division internationale des processus productifs) .
Section lII L'organisation des échanges
§1 Le GATT
Le GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le Commerce) a été créé en octobre 1947. C'était un accord transitoire en attente de la création d'une "organisation internationale du commerce". Cet accord avait pour objectif de favoriser le libre échange.
Il a une double dimension :
- il énonce dès sa création une série de règles sur le commerce.
- il organise des négociations multilatéralistes (négociation entre tous les pays signataires) : les rounds.
Sont but est de :
- supprimer la discrimination entre pays (clause de la nation al plus favorisée, règle de réciprocité…)
- supprimer le dumping (vente à perte , prix des exportations inférieur au prix du marché intérieur)
Cette interdiction est facilement contourner grâce au dumping monétaire qui consiste à laisser la monnaie se déprécier, ce qui entraîne une augmentation du prix des importations.
§2 Les négociations multilatérales
Parmi les nombreux round qui se sont déroulé, il est intéressant d'en retenir 3
1°) Le Kennedy Round (1964-1967)
Il abaisse les droits de douane de 35 % en moyenne.
2°) Le Tokyo Round (1973-1979)
Il permet de limiter les droits de douanes à un taux inférieur à 10% pour la majorité des biens échangés.
3°) L'Uruguay Round (1986-1994)
Il concerne particulièrement la politique agricole commune, les services et la propriété intellectuelle.
Les négociations USA/CEE en matière d'agriculture permettent :
- la suppression des mesures non tarifaires.
- la réduction de l'aide aux producteurs nationaux.
- la réduction des subventions à l'exportation.
§3 L'organisation mondiale du commerce (OMC)
Le 1/01/1995, l'OMC remplace le GATT. C'est une organisation supra-nationale qui collabore avec le FMI et la Banque Mondiale.
L'OMC perpétue le principe de consensus suivie par le GATT mais si le consensus s'avère impossible, les décisions sont prises selon le principe 1 pays = 1 voix
A la différence du GATT, elle a une personnalité juridique. De plus l'unanimité est toujours recherchée mais des décisions peuvent être prise à la majorité.
§4 La CNUCED (Conférence des Nations Unis pour le commerce et le développement)
Constituée en 1964 pour favoriser 1 a croissance économique des pays en développement, elle se veut le porte parole du tirs monde face aux institutions comme le GATT et le F.M.I. pour lesquels le poids des occidentaux est important.
Section IV Comment enregistrer les échanges internationaux ?
§1 La balance des paiements
La balance des paiements est un document comptable où sont enregistrés les flux réels (les opérations réelles portant sur les biens et services), les flux financiers (les capitaux) et les flux monétaires (avoirs liquides) réalisés entre un pays et le reste du monde au cours d'une période donnée.
La balance des paiements obéit aux règles de la comptabilité en partie double et est donc toujours équilibrée. Les exportations y sont enregistrées positivement car elles correspondent à une entrée de devises. A l'inverse, les importations y sont enregistrées négativement car elles correspondent à une sortie de devises.
§2 Les soldes de la balance des paiements
On peut distinguer plusieurs soldes
1°) Le solde commercial
Il est égal à la différence entre les exportations et les importations de biens comptabilisées franco à bord (FAB : évaluation à la sortie du pays exportateur)
2°) Le solde des transactions courantes
Il comprend:
- le solde des biens
- le solde des services
- le solde des revenus (salaires, intérêts et dividendes versés par des non--résidents au profit des facteurs de production appartenant à des résidents et inversement)
- les transferts courants (opérations sans contrepartie)
3°) La capacité de financement d'un pays
Capacité de financement = solde du compte des transactions courantes + solde du compte de capital
Si le solde des transactions courantes est positif, cela signifie que la France vend plus à l'étranger qu'elle n'achète, elle dégage donc une capacité de financement qui lui permet de financer l'extérieur . En revanche, un besoin de financement, traduisant un excès de l'investissement intérieur par rapport à l'épargne disponible nécessite de faire appel aux capitaux étrangers