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économie générale

Repères historiques

 

auteur : Lionel Le Petit

 

Année

Crise

origine

Mécanismes en jeu

1873

Krach de 1873

Actions

Le krach le 9 mai de la bourse de Vienne en Autriche ouvre la période dite de la « grande stagnation » de l'économie mondiale entre 1873 et 1896. Une spéculation effrénée, effectuée avec des dépôts de garantie très faibles, se retourne quand l'Exposition universelle de 1873 se révèle en fait être décevante économiquement. La chute des cours se transmet en Allemagne et aux États-Unis.

1923

Hyper-inflation allemande

Taux d'intérêt

En Allemagne, l'hyper-inflation atteint son apogée en novembre 1923. Sa cause immédiate est l'exigence française de réparations de guerre ("le Boche paiera"). L'armée française occupe la Ruhr comme gage, paralysant la première région industrielle du pays. En quelques mois, les denrées s'achètent en milliards de marks et il faut une brouette pour transporter les billets. La crise monétaire s'aggrave d'une agitation intérieure (communistes en Saxe et Thuringe, putsch de Hitler à Munich). Américains et Britanniques, qui ont de gros intérêts en Allemagne, convainquent la France de réduire ses prétentions et d'évacuer la Ruhr.

1929

Krach de 1929

Actions

Krach le 24 octobre du New York Stock Exchange, qui entraîne une crise bancaire et précipite les États-Unis dans la Grande dépression

1971

Inconvertibilité du dollar US

Forex

Suspension unilatérale le 15 août par les États-Unis de la convertibilité en or du dollar. Après une période de transition, cela mènera à l'adoption en février 1973 (accords de Washington) du système des changes flottants, encore en vigueur

1973

1 er choc pétrolier

guerre du Kippour

L’Arabie Saoudite réalise alors 21 % des exportations mondiales de brut. Le roi Fayçal, pourtant ami des Américains, déplore leur soutien inconditionnel à Israël qui met en danger les régimes arabes modérés, entre autre celui de Sadate en Egypte. Lors de la guerre du Kippour, Richard Nixon approvisionne en armement l’État hébreu réduit à la défensive, face à l’attaque égypto-syrienne ravitaillée par les Soviétiques. En réponse, les pays du Golfe augmentent unilatéralement, sans l’accord des compagnies, de 70 % le prix affiché du baril de brut.

Le 17 octobre 1973, les représentants des pays arabes pétroliers (OPAEP), réunit à Koweït, mais pas l’Iran, décident une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens. Le 20 octobre, Fayçal décide un embargo total sur les livraisons destinées aux États-Unis, puis aux Pays-Bas. Le prix du baril sur le marché libre passe de 3$ à 18$ en quelques semaines. Fin décembre, les pays de l’OPEP réunifient le prix du baril à 11,65$. Entre le mois d'octobre 1973 et le mois de janvier 1974, le prix du baril du brut de référence qu'est l'Arabe léger, est quadruplé, passant de 2,32 USD à 9,00 USD. Dans ce prix, l'« État producteur » prélève, en 1973, 2,09 USD/baril et 8,7 USD/baril en janvier 1974 soit plus de 4 fois.

La pénurie suscite une sorte de panique ; les prix poursuivent leur ascension vertigineuse : ils quadruplent à la suite des augmentations d’octobre et de décembre. Les pays consommateurs réagissent d’une manière désordonnée, cherchant à tirer leur épingle du jeu. L’Agence internationale de l'énergie (AIE), créée à cette occasion, n’est pas en mesure d’établir un certain ordre et ce sont les grandes compagnies elles-mêmes qui sont chargées de répartir le rationnement d’une manière égale en jouant sur les sources d’approvisionnement arabes et non arabes.

Certains pays arabes souhaitent une réduction de la production pour maintenir les prix à la hausse. Mais les États-Unis refusent cette perspective. Ils tentent de constituer un cartel international de consommateurs face à l’OPEP mais échouent en raison de l’opposition de la France. Pour s’opposer à toute diminution de la production, les États-Unis sont prêts à intervenir militairement dans la péninsule arabique pour prendre le contrôle des principaux champs pétrolifères. A défaut d’une intervention, ils sont disposés à faire de l’Iran le gendarme du Golfe persique.

Après le VIe sommet arabe d’Alger (26-28 novembre 1973), les États-Unis doivent infléchir leur politique jugée trop favorable à Israël, tout comme l’Europe occidentale et le Japon. Le 18 mars1974, Sadate obtient la levée de l’embargo.

 

Les marchés financiers modernes naissent en 1973, de la double nécessité d'établir un marché des changes pour gérer le nouveau système des changes flottants et de financer les déficits budgétaires des États-Unis, désormais libérés de la contrainte de change.

Année

Crise

origine

Mécanismes en jeu

1974

Banque Herstatt

Banque, Forex, Risque systémique

Le 26 juin, dépôt de bilan effectif de la banque allemande Herstatt alors que la partie en dollars américains des opérations de change de la banque, à cause du décalage horaire, n'est pas dénouée. Première prise de conscience du risque systémique sur les marchés financiers modernes.

1979

Hausse des Fed Funds

Marché monétaire américain

A partir du mois d'octobre, le nouveau gouverneur de la banque centrale américaine, Paul Volcker, fait monter les taux au jour-le-jour du marché monétaire américain, qui dépasseront plusieurs fois 20%, afin de mettre - avec succès et au prix d'une sévère récession - un terme à l'inflation élevée caractéristique des années 1970.

1979

2 ème Choc pétrolier

Guerre Iran-Irak

Le 8 septembre1978 ont lieu à Téhéran des émeutes qui sont violemment réprimées. C'est le début de la période active de la révolution iranienne, qui s'achèvera par la fuite du Shah le 16 janvier1979, et c'est donc aussi le début du deuxième choc pétrolier.

Le 22 septembre1980 commence la guerre Iran-Irak. Le prix du baril de pétrole atteint 39 dollars soit, en tenant compte de l'inflation, l'équivalent de 92,50 dollars de septembre 2005

Aujourd'hui, avec du recul, on voit que cette crise pétrolière a des conséquences considérables, non seulement pour les pays industrialisés, mais aussi pour les pays en voie de développement qui n'ont pas de ressources énergétiques propres. On constate en effet que :

  • pour les pays industrialisés :
    • un renchérissement du coût de l'énergie qui les oblige à investir prématurément dans certaines énergies de substitution,
    • une mise en veilleuse des investissements hautement rentables dans d'autres branches de l'industrie,
    • une politique plus ou moins déflationniste et protectionniste, chacun pour son compte, afin de limiter et contrebalancer le déséquilibre de leurs balances de paiements,
  • pour les pays en voie de développement :
    • aux handicaps naturels qui sont déjà très difficiles de les franchir,
    • s'ajoute l'absence de ressource énergétique bon marché.

Tous ces faits entraînent une «désoptimisation globale» de l'économie au niveau mondial pour de longues années et la freinent bien au-delà de ce qu'aurait, en toute hypothèse, exigé une gestion prévoyante des ressources énergétiques de la planète.

On observe également un autre phénomène dû à la nouvelle répartition des revenus entre les pays producteurs et les pays consommateurs. Avec cette nouvelle répartition, les pays producteurs bénéficient d'une rente de situation, où leurs exportations génèrent des recettes considérables. Cette manne financière est en partie injectée dans leur économie locale sous forme d'investissements ou redistribuées plus ou moins à leurs ressortissants. Mais une grande part de ces capitaux nouvellement acquis est mal utilisée. Pour un pays comme l'Arabie Saoudite par exemple, les recettes sont telles que les responsables «haut placés» peuvent investir et acheter en Occident des pans entiers de l'industrie du tourisme, de la finance et l'industrie lourde.

 

1982

Dette bancaire des PVD

Banque, Taux d'intérêt, Risque systémique

A la suite du choc pétrolier de 1973, les pays en voie de développement s'étaient lourdement endettés, et ce d'autant plus facilement que les banques de dépôt cherchaient à utiliser les énormes dépôts de pétrodollars dont elles disposaient. Mais cet endettement servait principalement à couvrir des déficits budgétaires, pas à financer l'investissement, ce qu'a encore aggravé le deuxième choc pétrolier de 1978, alors que les banques étaient encore plus enclines à prêter. Une partie importante de la dette des PVD était à taux variable et à court terme. La hausse des taux courts américains décidée fin 1979 a donc considérablement alourdi la charge de la dette. Le pays où la situation de la balance des paiements s'est dégradée le plus rapidement a été le Mexique, qui a fait défaut brusquement en août 1982. Cela a eu un effet de raréfaction générale du crédit et provoqué une crise bancaire mondiale. La banque centrale américaine dut baisser ses taux en catastrophe, tandis que le FMI accordait des lignes de crédit d'urgence aux PVD. Le stock de dettes en suspens demeura un problème majeur du système financier mondial jusqu'à l'adoption du plan Brady (cf. obligation Brady) en 1989. Cet épisode, qui a mis en évidence « les imperfections de l'intermédiation bancaire dans l'offre de crédit » (Michel Aglietta), a fait beaucoup pour le développement des marchés financiers et la désintermédiation bancaire.

1987

Krach d'octobre 1987 du marché obligataire puis des marchés d'actions

Taux d'intérêt, Actions, Risque systémique

A partir de janvier 1987, à cause du déséquilibre causé sur le marché des changes par les accords du Louvre, qui ont enrayé de force la baisse du dollar, les taux d'intérêt à long terme américains remontent considérablement, tandis que les marchés d'actions continuent, eux, de progresser. A la fin de l'été, les taux à 10 ans ont ainsi remonté de 300 points de base, rendant illogique la valorisation des actions, qui amorcent un important mouvement de repli. Le 19 octobre, la hausse des taux à 10 ans sur l'année atteint même brièvement 400 points de base et provoque finalement le krach le plus spectaculaire jamais enregistré en une journée sur un marché d'actions. La banque centrale américaine décide d'intervenir massivement comme prêteur de dernier ressort pour éviter des faillites en chaîne de maisons de titres et banques d'investissement.

1989

Chute du mur

 

Le 9 novembre1989, la démolition du « mur de la honte » suite au démantèlement de l’URSS permet de rassembler la RFA et la RDA. Le manque de compétitivité de l’Allemagne de l’Est pénalise alors fortement l’allemande et donc la croissance et européenne .

1990

Invasion du Koweit

Pétrole, Taux d'intérêt

Le 2 août 1990, l’Irak envahit le Koweit. Les puits de pétrole sont en feu.

1992

Crise du Système monétaire européen (SME) à l'occasion du référendum français sur le Traité de Maastricht

Forex, Taux d'intérêt

Peu avant la tenue du référendum français du 20 septembre1992, qui entretient une incertitude importante sur l'avenir de l'union monétaire européenne, la lire italienne doit quitter le SME. Dans la foulée, George Soros et d'autres gestionnaires de hedge funds arrivent à forcer le 16 septembre (en:Black Wednesday) la sortie de la livre sterling du SME. Après les résultats du référendum, pourtant positifs, les mêmes, ayant pris goût à l'effet de levier que leur procuraientt les marges de fluctuation étroites du SME, font une tentative spectaculaire mais infructueuse sur le franc français, faisant au passage monter le taux au jour-le-jour du marché monétaire français à plus de 20% pendant toute la crise.

1993

Système monétaire européen

Forex, Taux d'intérêt

En août, deuxième (cf supra) tentative sur le marché des changes de faire céder la parité deutschemark/franc français, couronnée de succès. Les marges de fluctuation du Système monétaire européen (SME) sont élargies considérablement, de façon à décourager définitivement la répétition de ce phénomène.

1994

Correction brutale du marché obligataire

Taux d'intérêt

Les marchés obligataires, qui avaient trop anticipé la poursuite de la baisse des taux courts, effectuent une correction brutale de plus de 200 points de base pendant presque toute l'année.

1994

Crise mexicaine de 1994

Forex, Taux d'intérêt, Risque systémique

L'ancrage fixe du peso mexicain au dollar était, à terme, incompatible avec le niveau élevé de l'inflation au Mexique. Néanmoins, cet ancrage donnait l'illusion générale d'une garantie de change. Ajouté à la suppression d'obstacles structurels aux mouvements de capitaux, il provoque de 1990 à 1993 un afflux considérable de liquidités étrangères dans l'économie mexicaine : plus de 90 milliards de dollars, lesquels viennent dollariser l'économie mexicaine et, surtout, nourrir un boum des crédits bancaires au secteur privé, qui croissent de 25% par an pendant la période. Mais l'inflation érode petit-à-petit la compétitivité mexicaine et les comptes extérieurs du pays se détériorent, le déficit de la balance des paiements atteignant 8% du PIB. A partir du 20 décembre 1994, les sorties de capitaux s'accélèrent et le peso dévisse. Les États-Unis organisent un plan d'urgence international sans précédent : 50 milliards de dollars, dont 18 via le FMI. En 1995, la chute du PIB mexicain sera de 7%.

Voir aussi : en:1994 economic crisis in Mexico et es:Efecto Tequila

1997

Crise économique asiatique

Forex, Banque

Le mécanisme est très voisin de celui qui a conduit deux ans et demi plus tôt à la crise mexicaine de 1994 (cf supra). L'ancrage fixe au dollar US de plusieurs monnaies de la région, en particulier le bath thaïlandais, donnait là aussi l'illusion d'une garantie de change et le système bancaire local s'endette considérablement

sans se préoccuper du risque de change, notamment pour financer les deux gigantesques vagues de spéculation qui ont lieu dans toute la région : immobilière et boursière. Les banques locales se livrent donc à une double transformation : elles empruntent à court terme, en devises, pour prêter à long terme, en monnaie locale. Quant aux garanties des prêts, elles sont constitués par des immeubles surévalués ou par des actions égalementsurévalués... L'afflux de capitaux étrangers est, de son côté, facilité par la politique monétaire expansive que mène la banque centrale japonaise pour lutter contre la déflation. Mais les créanciers étrangers réduisent progressivement leur exposition au cours de l'année 1997 et le 2 juillet1997, les autorités thaïlandaises doivent laisser flotter le bath. Le piège se referme alors sur les économies de la région : crise des taux de change et crise bancaire.

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La crise économique dite crise asiatique a officiellement débuté, le 2 juillet1997, avec la décision des autorités thaïlandaises de laisser flotter le baht qui a entraîné dans sa chute la roupieindonésienne, le ringgitmalais et le peso philippin. A l'automne, la crise s'est étendue à la Corée, Taïwan, Singapour et Hong Kong. La situation financière des banques et des entreprises locales, qui étaient fortement endettées à court terme en dollars et en yens, s'est déteriorée rapidement. L'insolvabilité d'un grand nombre d'entre elles ainsi que la fuite des capitaux ont entraîné un collapsus du crédit et de l'activité économique entre la fin de l'année 1997 et le début de l'année 1998, empêchant les pays concernés d'exploiter les avantages de compétitivité procurés par la dépréciation de leur monnaie.

Au point bas de la crise, c'est-à-dire au cours du premier semestre de l'année 1998, la dépréciation de la monnaie par rapport au dollar a atteint près de 75 % en Indonésie et 35 % en Thaïlande, Malaisie, et Philippines. La chute des cours boursiers a été de l'ordre de 50 % en Corée, 45 % en Malaisie et en Indonésie, et 30 % en Thaïlande, aux Philippines, à Hong Kong et à Singapour. Le recul de l'activité a atteint 20 % en Indonésie, 15-20 % en Thaïlande, 10-15 % en Malaisie, en Corée et à Hong Kong, et 0-5 % aux Philippines.

Une comparaison avec les crises précédentes montre que la dépréciation du change a été équivalente mais que le recul de l'activité et l'ajustement des paiements courants ont été plus violents.

1998

Défaut de la Russie sur les GKO

Taux d'intérêt, Risque systémique

Emis à des taux de plus en plus élevés, suivant le principe dit de la "fuite en avant" pour rembourser les précédentes dettes contractées par le pays, les GKO suscitèrent une passion chez les banques russes et de nombreux investisseurs internationaux, tous attirés par la perspective de gains faciles et qu'ils croyaient peu risqués. Asphyxié par la charge d'intérêt, l'État russe se plaça finalement en cessation de paiment le 17 août1998, provoquant une crise majeure des marchés de taux d'intérêt.

Cette longue crise très aigüe des marchés obligataires, provoquée par la démesure des dirigeants du hedge fundLong Term Capital Management, la spectaculaire crise des finances publiques russes et le Flight to quality qu'elle a causé, a peut-être été l'alerte la plus importante connue par le système financier mondial : jamais on n'est passé aussi près d'un éclatement définitif des relations entre les divers instruments financiers.

2000

Bulle Internet

Actions

Un économiste américain prédisait que grâce à la "nouvelle économie", il n'y aurait plus jamais de crise. L'éclatement de la bulle internet est arrivée peu après. Crise classique de surinvestissement (tout le monde se précipite sur un marché apparemment porteur) et négligence de certaines contraintes pratiques: pour acheter un article par internet, il suffit de quelques clics, mais pour le livrer dans la qualité et les délais prévus, il faut une logistique que la plupart des "net-vendeurs" n'avaient pas.L'éclatement, attendu depuis plusieurs mois, se produit finalement en mars 2000, sous la pression de la hausse des taux d'intérêt.

2000

Turquie

Banque, Taux d'intérêt, Forex

La crise éclate le 20 novembre2000 et se produit dans le cadre d'un plan de stabilisation ambitieux adopté à la fin de 1999, visant à ramener l'inflation, qui était alors de 65% en moyenne annuelle, à 25% en 2000 et à moins de 10% en 2002. Ce plan comporte notamment un ancrage de la livre turque par rapport au dollar US de façon à faire baisser les anticipations inflationnistes. Certes, l'inflation sera ramenée à moins de 35% en glissement annuel en février 2001, mais entre-temps l'afflux de capitaux extérieurs encourage les banques turques à spéculer sans retenue à la baisse des taux d'intérêt, en achetant des quantités importantes d'emprunts d'État, financée au taux au jour-le-jour en livres turques ou, pire, en dollars. Or, comme au Mexique en 1990-1994, la compétitivité de la Turquie s'érode, mais à trois fois la vitesse du Mexique, et la balance des paiements se détériore rapidement, créant une panique sur le marché des taux d'intérêt où les banques essaient de liquider leurs positions. Entre le 10 novembre et le 10 décembre, les taux des emprunts d'État turcs à moyen terme passent de 40% à 110%. Devant la perspective de faillites bancaires turques, le marché monétaire turc s'assèche et les crédits en devises ne sont pas renouvelés. Un important prêt d'urgence du FMI en décembre se révèlera insuffisant et, en février, le gouvernement devra laisser flotter la livre, qui se dépréciera de 50% par rapport au dollar. Un deuxième programme d'aide, beaucoup plus important, sera alors mis en place sous l'égide des États-Unis.

Voir aussi : (en)OCDE et Thierry Coville (CNRS) : Turquie : la crise annoncée

2001

Attentats du 11 septembre 2001

Risque systémique

Non seulement un certain nombre d'établissements financiers de première importance avaient des services divers dans les tours du World Trade Center et aux alentours, mais plusieurs nœuds de communication vitaux pour les systèmes de paiement et de compensation des marchés financiers furent touchés par l'attaque. La banque centrale américaine, la Fed, a réagi avec une grande promptitude et une vigueur impressionnante. Elle a injecté immédiatement sans limite toutes les liquidités demandées par les banques qui étaient victimes d'une asymétrie dans leurs règlements, c'est-à-dire qui avaient des règlements à effectuer mais n'avaient pas encore été créditées par leurs autres contreparties. L'injection fut si massive que le taux au jour-le-jour du marché interbancaire domestique américain, dit taux des Fed Funds, tomba à zéro pendant plusieurs jours. La Fed continua pendant plus d'une semaine à fournir à volonté les liquidités demandées par les banques, préférant ne pas jouer avec le risque systémique. De son coté, la Banque centrale européenne (BCE) accorda 130 milliards d'euros de liquidités supplémentaires aux banques européennes. Enfin, il y eut une baisse surprise concertée des taux directeurs de la Fed, de la BCE et de la Banque d'Angleterre.

2001

Crise économique argentine

Forex

Elle éclate en novembre 2001

2002

Brésil

Marché obligataire, Forex

A l'approche de l'élection présidentielle du 27 octobre, la probabilité grandissante de la victoire à celle-ci de Luíz Inácio da Silva, dit « Lula », crée des inquiétudes de plus en olus aigües chez les détenteurs de la dette publique brésilienne. L'Argentine (cf supra) vient de faire défaut sur sa dette et la peur grandit qu'une fois élu, « Lula » fasse adopter un moratoire des paiments d'intérêt. Tout au long de l'année l'écart de rendement entre les obligations émises en dollar US par le Brésil et les emprunts d'État américain progresse, pour culminer en octobre à 2300 points de base (c'est à dire 23% en écart de taux actuariel). Ce niveau attribuait implicitement au Brésil une probabilité de faire défaut proche de 100%. En même temps, le real s'était déprécié, perdant la moitié de sa valeur. Le plus frappant est que cette crise s'est poursuivie malgré la mise en place d'un concours colossal de 30 milliards de dollars par le FMI, dont 6 seulement avant l'élection et 24 débloqués après. Cette bulle s'est dégonflée rapidement une fois l'élection passée, quand il est devenu clair que le nouveau président ne se lancerait pas dans l'aventurisme financier.

 

 

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